Dreame face à Dyson : l’étoile montante des aspirateurs rattrapée par la justice sur le marché de la beauté

Dreame face à Dyson : l’étoile montante des aspirateurs rattrapée par la justice sur le marché de la beauté

Il fut un temps où la firme britannique Dyson régnait sans partage sur l’univers de l’électroménager haut de gamme. Aujourd’hui, la concurrence affûte ses armes et propose des alternatives sérieuses, à l’image du constructeur chinois Dreame. Si la guerre commerciale fait rage dans les rayons d’aspirateurs où le nouveau venu s’illustre brillamment, l’affrontement s’est récemment déplacé devant les tribunaux européens autour des technologies de soins capillaires.

Une alternative redoutable pour l’entretien des sols

Lorsqu’il s’agit de s’équiper pour le ménage, se tourner vers des marques concurrentes prend tout son sens. Le Dreame Z30 s’impose d’ailleurs comme la meilleure alternative actuelle aux ténors du marché, offrant des performances de haut vol pour un tarif plus abordable. Cet appareil de 3,2 kg déploie une impressionnante puissance d’aspiration de 310 AW, supplantant la traditionnelle gâchette par un simple bouton d’activation afin de ménager l’utilisateur lors des nettoyages prolongés. Sa tête motorisée intègre judicieusement un système d’éclairage, redoutable pour traquer la poussière dans les zones sombres.

Le fabricant a également fait de la polyvalence un argument de vente majeur en livrant son appareil avec une riche panoplie d’accessoires. On y trouve une brosse souple idéale pour les angles, un tube articulé pensé pour se glisser sous les meubles, et même un embout dédié au toilettage des animaux de compagnie. L’endurance globale force le respect, atteignant près d’une heure et vingt minutes en mode Eco, bien que l’utilisation du mode Turbo fasse drastiquement chuter cette autonomie à douze petites minutes.

Tout n’est pas parfait pour autant. L’interface de l’écran s’avère inutilement surchargée et le socle de charge manque cruellement de praticité, imposant un branchement manuel fastidieux. Les performances de la brosse pour sols durs peinent curieusement sur les tapis, et l’aspiration des débris volumineux se complique sans l’embout adéquat. Ces légers accrocs ne ternissent pourtant pas le bilan général. Avec ses composants facilement lavables et son efficacité remarquable, ce modèle testé par notre rédaction décroche la note de 4,4/5, confirmant son statut de compagnon de ménage incontournable.

Une contre-attaque judiciaire dans l’univers de la beauté

Pendant que Dreame grignote des parts de marché dans les salons, Dyson défend farouchement ses innovations dans les salles de bain. La division locale de Hambourg de la Juridiction unifiée du brevet (JUB), sous l’égide de la juge Sabine Klepsch, vient d’infliger un nouveau revers au constructeur chinois. Par le biais d’une injonction préliminaire, la justice interdit désormais la distribution de certains appareils de coiffure Dreame sur l’ensemble du territoire de la JUB ainsi qu’en Espagne.

Le litige se concentre sur le brevet européen EP 3 119 235, propriété de la marque britannique. Ce document protège spécifiquement un embout destiné aux brosses soufflantes chauffantes, une technologie largement popularisée par le célèbre Dyson Airwrap. Cette récente décision cible particulièrement le modèle Dazzle, venant ainsi prolonger une série de sanctions initiée en août dernier. Les premières interdictions frappaient déjà d’anciennes versions telles que l’AirStyle et le Dreame Pocket, avant que la Cour d’appel de Luxembourg n’étende ces restrictions aux modèles de nouvelle génération comme l’Airstyle Pro et le Pocket Neo.

Les limites d’une juridiction transfrontalière

Ces passes d’armes juridiques ont également mis en lumière toute la complexité de la compétence extraterritoriale des tribunaux européens. Les magistrats hambourgeois ont dû déterminer si l’injonction pouvait s’appliquer au Royaume-Uni et à l’Irlande du Nord, impliquant de fait la filiale néerlandaise de Dreame et son distributeur exclusif britannique, Cellcom.

La cour a statué que Dreame Netherlands, en sa qualité d’importateur, portait la responsabilité d’infraction directe sur le territoire européen. S’appuyant sur le règlement de Bruxelles, les juges ont toutefois estimé que le lien juridique n’était pas suffisamment étroit pour soumettre l’entreprise britannique aux lois de la JUB. L’implication de la filiale néerlandaise en Irlande du Nord a été considérée comme purement réglementaire, empêchant de qualifier l’entreprise de coauteur d’un délit au regard du droit anglais. Par conséquent, la demande d’interdiction formulée par Dyson pour le marché britannique a été rejetée. Reste à observer si l’une des parties interjettera appel de cette ordonnance, alors même que la procédure sur le fond poursuit actuellement son cours en Allemagne.

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